Shao Yong

1012-1077, poète et cosmologue

Auteur(s) : ARRAULT A.

32,00 €

Précédé d'une histoire des éditions du Jirang ji et du Huangji jingshi (chapitre I), les œuvres maîtresses de Shao Yong, le chapitre II est entièrement consacré à la biographie de leur auteur. De la naissance à la mort, Shao Yong ne cesse d'intriguer. Né dans des conditions qui relèvent du merveilleux, issu d'une famille apparemment lettrée mais pauvre, Shao Yong, en dépit de son refus tenace d'occuper un poste de fonctionnaire, devient une célébrité de Luoyang. Voué sans cesse au plaisir du voyage, cet esthète itinérant se veut un solitaire, à l'écart du monde (yinshi). Ses relations sont cependant nombreuses et variées. Ami intime de Fu Bi et de Sima Guang, ses opinions en matière de politique ne coïncident pourtant pas avec celles de ses compagnons. A vrai dire, Shao Yong a son jardin secret... Peu de temps après sa mort, la rumeur insistante lui prêtera des dons de devin, et il deviendra à l’époque des Yuan l’un des initiés de l'immortel Lü Dongbin. Cette partie biographique se clôt sur la présentation et la traduction du Wuming gongzhuan, la Biographie du Sieur sans nom (chapitre III). Le chapitre IV est essentiellement une présentation de la cosmologie de Maître Shao. Originale dans son fond et dans sa forme, elle a donné naissance à une chronologie alliant temps de l'univers et temps de l'histoire (une cosmochronie), à une combinatoire formelle visant à décrire l'ensemble du réel. Mais là ne s'arrête pas l'inventivité de Shao Yong: le tout est en effet couronné d'une arithmologie, c'est-à-dire d'une spéculation sur les nombres qui, à partir d'une série de calculs et de notions originales, tente de mettre en équation chiffrée le passage de l'immobilité au changement de l'univers. A première vue abstraite, cette arithmologie trouve pourtant son champ d'application dans la phonologie. De fait, l'ensemble de l'œuvre s'ordonne autour de la conception particulière d'"observation inversée" (fanguan). Cette notion concilie regard intérieur et extérieur puisqu'elle pose comme condition sine qua non à l'observation du monde l'oblitération du moi et l'objectivité absolue (disparition du rapport sujet-objet). Ceci pourrait expliquer le recours, chez Shao Yong, à des combinaisons infinies et à leur écriture détaillée: décrire le monde, c'est l'écrire. Il va de soi que ce type de conception et l'ensemble des dispositifs de l'œuvre devraient susciter des interrogations quant à la nature de la pensée corrélative (ou analogique) que l'on dit si volontiers caractéristique de la pensée chinoise.

    Collection : Mémoires de l’institut des hautes études chinoises

  • Année de publication 2002
  • ISBN 978-2-85757-061-5
  • Support Livre broché
  • Numéro dans la collection 39
  • Nombre de pages 498

Publishers

Collections