Les enfants de Cadmos

Le paysage religieux de la Phénicie hellénistique

Auteur(s) : Bonnet Corinne

139,00 €

En écho à Nicole Loraux qui, en 1984, dans Les enfants d’Athéna, lisait « en historien les mythes dans leur ancrage civique », les enracinant, tel l’olivier don d’Athéna, dans le paysage de la cité, Corinne Bonnet explore, avec Les enfants de Cadmos, le paysage religieux de la Phénicie tel qu’il se redessine de la conquête d’Alexandre à l’aube de la domination romaine. Entre appropriation territoriale et tissage de réseaux de parenté, entre mobilité et intégration, entre hégémonie et ruses culturelles, la Phénicie hellénistique se complexifie bien plus que le concept d’« hellénisation » ne le donne à penser. Par l’analyse minutieuse des dossiers documentaires issus des cités phéniciennes — Arados, Byblos, Sidon et Tyr — et des milieux diasporiques — Athènes et Délos —, l’enquête poursuivie dans le sillage de ceux qui se revendiquent du prestigieux Cadmos recourt aux outils issus de l’anthropologie et de la sociologie. Elle fait émerger, pour l’interpréter, un middle ground caractérisé par diverses formes de négociation entre Grecs et Phéniciens. En dépit de la morsure de l’impérialisme grec, c’est une Phénicie en marche que l’on observe, nullement figée dans la nostalgie du passé ni arc-boutée sur un patrimoine identitaire menacé, une Phénicie ouverte depuis longtemps aux transactions et aux métissages. Les enfants de Cadmos entend suggérer que seule une approche résolument décloisonnée des études phéniciennes permettra aux sémitisants et aux hellénistes de dialoguer, aux historiens, aux anthropologues et aux sociologues de s’interpeller, aux spécialistes du Liban et de la Tunisie d’hier et d’aujourd’hui de se rencontrer.

    Collection : De l’archéologie à l’histoire

  • Publication 2015
  • ISSN 1157-3872
  • ISBN 978-2-7018-0382-1
  • Support Livre relié
  • Format 15,5 x 24
  • Num. dans la collection 63
  • Nombre de pages 608
  • Illustrations couleur

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

Explorer les paysages culturels d’une rive à l’autre de la Méditerranée.

PREMIÈRE PARTIE – LA COLONISATION DE L’IMAGINAIRE

Chapitre premier Dans les pas d’Alexandre en Phénicie : la mémoire des vainqueurs, le silence des vaincus.

DEUXIÈME PARTIE – OBSERVATOIRES ET CHAMPS D’EXPÉRIENCE :

L’ÉMERGENCE DE NOUVEAUX PAYSAGES

Chapitre deuxième Arados et sa pérée ; Chapitre troisième Byblos, entre Égypte et Grèce ; Chapitre quatrième Les dieux de Sidon, « mère des Phéniciens, père des Thébains » ; Chapitre cinquième Tyr après la conquête :

un paysage paradoxal.

TROISIÈME PARTIE – RECOMPOSER LES PAYSAGES :

COHABITATIONS, MÉDIATIONS, STRATÉGIES

Chapitre sixième Parentés mythiques, diplomatie religieuse ; Chapitre septième Stratégies iconographiques : représenter les dieux dans le middle ground phénicien .

QUATRIÈME PARTIE – LES PROLONGEMENTS DIASPORIQUES

Chapitre huitième Athènes et « ses » Phéniciens ; Chapitre neuvième

« Les parlers et les rythmes de tous les hommes » : le carrefour délien.

CONCLUSIONS

« More is different » : la Phénicie hellénistique et ses paysages émergents.

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