Les magiciens dans l'Islande ancienne

Études sur la représentation de la magie islandaise et de ses agents dans les sources littéraires norroises

Auteur(s) : Dillmann François-Xavier

95,00 €

Dans cet ouvrage, l’auteur étudie tout d’abord les quatre grands domaines dans lesquels les magiciens exerçaient leur art en Islande à l’époque préchrétienne : la révélation de l’avenir, la préparation au combat, l’action sur le corps et sur l’esprit, le milieu naturel et les conditions atmosphériques. Après ce panorama général, l’intérêt se porte sur les différents aspects de la personnalité des magiciens (notamment leur répartition selon le sexe et les classes d’âge, leur description physique, leurs facultés intellectuelles et leur caractère) ; ce faisant, l’aptitude aux métamorphoses de ces personnages est analysée, de même que la question de la présence d’éventuels traits chamaniques dans la description de certains d’entre eux. Au terme d’une analyse serrée du chapitre IV de l’Eiríks saga rauda, l’auteur montre que les tentatives d’interprétation à la lumière du chamanisme du célèbre récit d’une séance de divination qui eut lieu dans une ferme du sud du Groenland vers l’an mille ne sont pas fondées. L’examen du statut social des magiciens forme la troisième partie de l’ouvrage : elle commence par une étude de la situation civile et juridique des agents de la magie, puis de leurs conditions de vie économique et sociale, et il est montré que la plupart d’entre eux appartenaient au groupe central des paysans libres. À de rares exceptions près, ces hommes et ces femmes provenaient de Norvège ou descendaient de colonisateurs venus des archipels norrois de l’Atlantique nord. Le mode d’habitat des magiciens fait l’objet d’un chapitre particulier, de même que leur situation familiale et leur comportement sexuel – à cet égard, la thèse d’un lien entre l’homosexualité et la pratique d’une certaine forme de sorcellerie (le seidr) est examinée, puis réfutée. Dans la quatrième et dernière partie de l’ouvrage, les attitudes sociales envers les magiciens sont éclairées dans le cadre des conflits qui forment l’élément central des Íslendingasögur (ou sagas islandaises) dans lesquelles ces personnages sont mis en scène. Reposant sur une analyse approfondie des sources norroises dans leurs différentes versions, sur une étude détaillée du vocabulaire magico-religieux du vieux norrois et sur une vaste connaissance de la civilisation scandinave ancienne, cet ouvrage fournit une description exhaustive de la pratique de la magie et du statut de magicien dans l’Islande préchrétienne, à travers la représentation qu’en donnent les œuvres littéraires qui furent rédigées à une époque plus récente, dans un contexte religieux nettement hostile aux anciennes croyances. Ce faisant, la question centrale du rôle de la tradition orale dans la formation des Íslendingasögur reçoit un nouvel éclairage.

    Collection : Hors série de la société des études nordiques

  • Publication 2006
  • ISBN 978-91-85352-63-0
  • Support Livre broché
  • Format 16,5 x 24
  • Num. dans la collection non
  • Nombre de pages 779

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