Être Coréens au Kazakhstan : des entrepreneurs d’identité aux frontières du monde coréen

Auteur(s) : YIM Eunsil

30,00 €

Plus de cent mille Coréens — Sovetskie korejcy ? Koryŏ saram ? — vivent aujourd’hui au Kazakhstan. Leur intérêt et leur importance ne tiennent pas aux chiffres. Dans cet état multi-ethnique et indépendant, issu de l’empire soviétique, ils forment une toute petite partie des sept millions de « Coréens » répandus à travers le monde — essentiellement en Chine, au Japon et aux États-Unis; de cette diaspora d’invention récente — et d’assez longue histoire — où se redéfinissent aujourd’hui les frontières du monde coréen. Le Kazakhstan offre ainsi à l’anthropologue du contemporain un stimulant terrain d’investigation pour qui s’intéresse, au-delà de la Corée, aux constructions de l’identité, aux institutions qui les informent, aux agents qui les portent, aux tensions qui les traversent. Mais loin d’être seulement un cas, il présente une perturbation — et donc un enrichissement — du modèle triangulaire où se conçoit d’ordinaire le fait diasporique : état d’origine ; diaspora ; état d’accueil. Car s’y ajoutent et s’y entrechoquent les forces d’une vive concurrence qui voit se réverbérer — au loin, tardivement — les effets de la division de la péninsule en deux états hostiles depuis 1948. Le démantèlement du modèle triangulaire vient dès lors jeter une lumière puissante — et comme un doute — sur les composantes alléguées d’une identité « coréenne » : langue ? nourritures ? rituels ? mémoires de la déportation ?

    Collection : Kalp’i – Études coréennes

  • Publication 2017
  • ISSN 1764-4186
  • ISBN 978-2-905358-17-2
  • Support Livre broché
  • Num. dans la collection 1
  • Nombre de pages 408

Préface de Stéphane Dufoix Des vertus de la descente en singularité

Introduction

Qui sont les entrepreneurs identitaires des Coréens au Kazakhstan ?

L’espace social comme catégorie analytique

Sur les enquêtes ethnographiques

Chapitre 1. La genèse des « Coréens soviétiques »

L’intégration forcée

La construction des représentations identitaires des « Coréens soviétiques »

Chapitre 2. La naissance des entrepreneurs identitaires coréens

Le mouvement de « renaissance » (1988-1990)

L’émergence d’un slogan : « sans langue pas de culture, sans culture pas d’ethnie ! »

Chapitre 3. La confrontation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud dans le mouvement de « renaissance » (1989-1991)

La position privilégiée de la Corée du Nord

La précocité nord-coréenne dans l’institutionnalisation d’une politique de diaspora

Les prémisses d’une politique sud-coréenne

La « guerre des langues » (1989-1991)

Chapitre 4. La métamorphose de l’Association coréenne du Kazakhstan (AKK) (1995-2000)

L’Association des Centres culturels coréens du Kazakhstan (1992-1995) : dilemme et inévitable restructuration

L’émergence d’une nouvelle figure du dirigeant

La naissance de l’Assemblée des Peuples du Kazakhstan à la confluence des enjeux sociaux, politiques et économiques

L’allégeance à l’Etat kazakhstanais comme condition de montée en puissance

Chapitre 5. Une nouvelle économie relationnelle de l’AKK avec la Corée du Sud

L’emprise sud-coréenne

L’Overseas Koreans Foundation (OKF) en quête de légitimité

Le retournement stratégique de l’Association des Coréens du Kazakhstan

Chapitre 6. La nouvelle stratégie d’« intégration » de l’AKK et la redéfinition des enjeux identitaires

Nouvelle figure dirigeante, nouvelle pratique gestionnaire

L’imbrication des enjeux politiques et identitaires

La démonétisation de la logique de concurrence Nord/Sud

Conclusion

Cahier d’illustrations

Postface d’Alain Delissen Des singularités discrètes : bifurcation dans les études coréennes

Bibliographie

Index

Liste des illustrations

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