Les tables d'Héraclée

Etude historique et linguistique

Auteur(s) : Weiss Emmanuel

16,00 €

Les Tables grecques d’Héraclée, le plus important témoignage épigraphique de Grande Grèce, ont depuis leur découverte en 1732 retenu l’attention des hellénistes en raison des nombreuses particularités de la langue qu’elles emploient. On y voit traditionnellement le reflet fidèle d’un dialecte particulier charriant des archaïsmes. Cette position nous paraît devoir être remise en cause. L’examen des données historiques et archéologiques relatives à la fondation, puis à l’histoire d’Héraclée de Lucanie, permet tout d’abord d’affirmer le caractère composite de la population d’Héraclée, qui est une fondation tardive (fin du Ve siècle av. J.-C.), succédant sur un même territoire à une autre cité, Siris, aux origines et au destin difficiles à discerner. Dans ces conditions, le maintien local d’un dialecte archaïque paraît peu vraisemblable. Le brassage de populations produit par l’histoire mouvementée de la Grande Grèce a sans doute au contraire entraîné une pénétration précoce de la koinè, parallèlement à la constitution d’une koina dorienne d’Italie du Sud. Le dossier de la langue des Tables grecques d’Héraclée mérite donc d’être rouvert. Par ailleurs, l’étude du contexte historique de la rédaction des Tables conduit à adopter une datation plus basse (première moitié du IIIe siècle av. J.-C.) que celle qui est généralement retenue. La même étude permet de caractériser les milieux dirigeants à l’origine de la rédaction des Tables, groupe plutôt conservateur amené à employer un état de langue révolu par souci d’affichage d’une continuité identitaire.

    Collection : Études anciennes de l ADRA

  • Publication 2017
  • ISSN 0986-3559
  • ISBN 978-2-913667-48-8
  • Support Livre broché
  • Format 16 x 24
  • Num. dans la collection 63
  • Nombre de pages 160

Editeurs

collections