Mégalithisme dans le Chercher en Ethiopie

Auteur(s) : Joussaume Roger

56,00 €

Dans les montagnes du Chercher en Ethiopie, les tumulus ainsi que les dolmens, comme les a appelés François Azaïs qui les a découverts (Azaïs et Chambard 1931), ont fait l’objet d’une étude par Roger Joussaume au début des années 1970. Alors que les cistes dolméniques, isolées dans cette petite région de l’Afrique de l’Est, sont datées du II millénaire avant J.-C., elles restent très mal connues. Préservant un corps unique en position fléchie sur le côté, celles qui furent étudiées ne contenaient plus aucun vestige archéologique rattachable à une culture connue de la préhistoire récente, pourtant bien représentée ici par de nombreuses peintures rupestres. Si un lien formel semble les relier aux dolmens du Yémen, de l’autre côté de la Mer Rouge, c’est un lien fragile établi sur des bases bien peu solides. Les tumulus sont de différents types, étudiés ici presque uniquement à travers des monuments bouleversés dans le passé. Les chambres funéraires à cellule latérale, que certains recouvrent, sont des sépultures limitées dans un premier temps à un ou quelques individus. Elles deviennent très collectives par la suite, les corps étant entassés dans des compartiments juxtaposés. De nombreux vestiges les accompagnent : poteries variées, armes en fer (flèches, javelines), éléments de parure (perles en verre, cornaline, métal dont l’or…). Les plus anciennes de ces chambres ont été édifiées au VIIIe siècle de notre ère et longuement utilisées jusqu’au XIII siècle par des peuples encore non influencés par l’Islam ou le Christianisme. Un trait culturel tel que le vase polypode à socle retrouvé à Djibouti et jusque sur la frontière kényane indique des relations à longue distance à cette époque protohistorique. D’autres tumulus ne sont qu’un simple tas de cailloux plus ou moins important en volume. Les plus petits sont des tombes individuelles, d’autres sont des sépultures collectives. Tous sont associés aux sites muraillés qui existent en grand nombre sur les hauteurs du Chercher. Situés au sud et à l’est de la Rift Valley les tumulus et hypogées du Chercher trouvent des parallèles dans la « culture Shay » récemment reconnue au nord de la dépression. Une poterie, trouvée sous une ciste dolménique de Sourré, contenait des petites pièces ottomanes en argent originaires du Yémen. Elles sont datées du milieu du XVI siècle.

    Collection : Annales d’Éthiopie - Hors série du centre français des études éthiopiennes

  • Publication 2014
  • ISSN 2258-6679
  • ISBN 978-2-7018-0354-8
  • Support Livre broché
  • Format 21 x 28
  • Num. dans la collection 4
  • Nombre de pages 206
  • Illustrations noir & blanc

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